Salut à Albani

L’hiver nous étreint. Dans les airs
Flottent des nuages livides.
Plus de chants dans nos bois déserts ;
Sous les branches les nids sont vides.

Nos pauvres bosquets désolés
N’ont plus que des aspects moroses ;
Les zéphyrs se sont envolés
En dispersant feuilles et roses.

Adieu les prés et les forêts,
Avec leurs tendres bucoliques !
C’est l’heure des vagues regrets
Et des rêves mélancoliques.

Pourtant, bravant l’âpre saison
Et sa cohorte nuageuse,
Tu parais à notre horizon,
Ô belle Étoile voyageuse !

Et, mieux que le reflet vermeil
Du printemps qui tarde à renaître,
Mieux que les rayons du soleil,
Tu viens luire à notre fenêtre.

Car, pour les âmes, pour les cœurs
Que l’Art divin charme et féconde,
Cela vaut les plus belles fleurs
Avec tous les oiseaux du monde !


Louis-Honoré Fréchette - - Épaves poétiques


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