Sonnet

Ne redire qu’un nom, vivre d’une pensée,
Avoir songé tout bas ce beau songe, pareil
Aux douces visions des anges du sommeil,
De mettre à votre doigt l’anneau de fiancée ;

Passer ainsi les jours, l’âme toute bercée,
Murmurer jusqu’au soir et reprendre au réveil,
Comme fait l’alouette au lever du soleil,
La joyeuse chanson toujours recommencée ;

Puis marcher dans la vie à ce rayon divin,
Écarter de vos pas les pierres du chemin,
Prendre pour moi la peine et me vouer sans trêve

À vous récompenser par un amour sans fin,
D’avoir laissé tomber votre main dans ma main,
Voilà ce que j’ai vu, tout enfant, dans un rêve.


Henri Chantavoine -


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