L'Enigme
J'aime à sonder l’azur, à poursuivre un nuage
Qui vole dans les airs comme un cygne sauvage
Regagnant vers le soir son nid dans les ajoncs ;
Mon regard l’accompagne, et je vais sur sa trace
Jusqu’à ce qu’il s’arrête et lentement s’efface
Dans Le rayonnement des vasrcs horizons.
Je contemple pensif l’étoile vagabonde
Qui, d’un cours inconstant, s’en va de monde en monde
Et passe tour à tour du nadir au zénith :
Je pense que, bien loin, au delà de la nue
Dans une sphère étrange, à la terre inconnue,
Il est peut-être un point où l’univers finit.
Ce mystère du ciel me tourmente sans trêve,
Et de ces régions où mon regard s’élève
Mon cœur voudrait toujours sonder l’immensité ;
Il cherche le secret que dérobe l’espace...
Mais qu’il suive dans l’ombre un astre d’or qui passe
Ou se perde, rêveur, parmi l’obscurité,
Il ne déchiffre point ce problème insondable ;
L’énigme qu’il poursuit demeure insaisissable,
Et la voûte d’azur ne se déchire pas ;
Et le grand infini, sphinx couronné d’étoiles,
Reste couvert toujours d’impénétrables voiles,
Et ne rencontre point d’Œdipes ici-bas.
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